Une source d’inspiration inépuisable : la nature


 
   C’est en interrogeant et en observant la nature sous toutes ses formes que les idées naissent et prennent forme. Tenter de “capter l’esprit” 
   qui se trouve dans la matière en l’observant minutieusement avec beaucoup d’humilité, tant elle nous dépasse par sa grandeur, 
   son immensité, sa magnificence. Ce qui pourrait nous apparaître comme une simple tâche au démarrage devient en réalité un territoire 
   infini de variations poétiques. Tenter de mettre à nu la structure cellulaire du corps humain. Ces enchevêtrements ne sont pas sans évoquer 
   les réseaux biologiques (nerveux et sanguins) dans lesquels le flux perpétuel de la vie circule. 

 

Etre au plus près pour “capter l’essence” et en “extraire la sève”


   
   Représenter la nature c’est aussi, l’arpenter, l’observer, la récolter, l’écrire (carnets), la lire(poésie, écrits divers), l’étudier (biologie cellulaire). 
   Tout cela constitue un “humus” nécessaire aux créations. Si je pars dans les bois pensant très souvent que l’air libre m’aidera à combiner 
   les pensées les unes aux autres, je reviens non pas la tête pleine d’idées mais les poches débordantes de trésors. Il arrive que je ne puisse 
   isoler des éléments inséparables et faisant corps avec leur environnement. C’est dans ce moment que la macrophotographie m’aide 
   et me permet de figer la matière et ses couleurs . La photographie, pour saisir un monde en perpétuel changement, un monde en partance.
 

Inventer une nature à soi...imaginaire


 
   Il s’agit parfois de recomposer “une” nature en se jouant du réel, de construire “son monde” en harmonie avec celui qui existe déjà, 
   sans que l’un ne se substitue à l’autre. Regarder autour de soi le vivant sous le prisme de la curiosité et remarquer qu’il suffit de peu 
   pour que l’imaginaire prenne le relais du réel. Ainsi je peux observer une aile de libellule et ne retenir d’elle que son réseau cellulaire 
   pour démarrer un dessin.
 

Ma pratique de création : l’expérience intuitive avec la tache fortuite comme base de travail


 
   Les taches ne sont jamais qu’un élément de départ pour l’élaboration d’une oeuvre peinte.
   “C’est à partir de taches colorées que l’on peut ré-imaginer le monde”, conseillait Léonard De Vinci à ses élèves , mais elles ne constituent 
   que la toile de fond sur laquelle les formes doivent apparaître. Utilisée par les surréalistes qui voient dans le conseil de Léonard De Vinci 
   une méthode fructueuse de création pour “ouvrir à volonté sa fenêtre sur les plus beaux paysages du monde et d’ailleurs”.
   Une mécanique d’association involontaire parfois et inconsciente déclenche l’enchaînement des actes, nécessitant de faire le vide en soi 
   et de vénérer la réceptivité. Cette méthode permet tour à tour de partager les secrets de la Matière, de pénétrer dans son intimité, 
   de rejoindre l’élémentaire, l’inconnu, un ailleurs  et de découvrir une vie intérieure. C ‘est aussi un moyen de considérer la surface à peindre 
   comme une plaque sensible aux variations des tensions mentales, plaque sensible où ces tensions se fixent  à l’instant de leur passage.
   Le spectateur, lui, prenant élan sur le support matériel proposé par l’artiste, s’efforcera de devenir la forme peinture et de naître avec elle. 
   Il fera donc un effort presque aussi important que celui de l’artiste et confèrera ainsi à sa peinture, en l’animant à son tour, 
   sa valeur d’oeuvre magique. il deviendra cette forme et la modifiera, par un mouvement de conscience qui déjoue tout contrôle, 
   et qui est le mouvement de la contemplation.

 

Les artistes qui par leur personne et leur démarche créative me touchent particulièrement


 
   Fred DEUX dont les travaux résident en partie dans l’accompagnement de la matière qui parle et qui nous guide. Les taches d’encres 
   sont au coeur et au démarrage de sa création. Il s’agit ensuite de les “écouter” et de greffer à celles-ci son univers propre, lié à son histoire. 
   
   Fabienne VERDIER, qui dans son travail tend vers l'abstraction, descend dans l’obscure substance de ce que nous sommes sans le savoir. 
   Elle nous montre ce jeu de résonances qui parcourt les formes et les êtres, quelle que soit leur nature. Elle fait surgir dans ses toiles 
   l’infinie faculté de variations internes qui nous entourent.
   
   HUNDERTWASSER, marqué par un immense amour de la nature est l’un des grands pionniers d’une architecture humaniste et écologique. 
   Sa théorie de “la vie dans les matières”  m’a permis d’entrer avec passion dans la fabrication de mes couleurs.